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CARINE BOSSON


Octobre 2019 les vendanges touchent à leur fin, C’est le temps des Ressats. Ces grandes soirées où sont célébrées la fin des récoltes et où sont remerciés tous les collaboratrices et les collaborateurs pour la pénibilité du travail accompli et la générosité de l’effort fourni. Nous sommes quarante au caveau du Domaine Henri Cruchon, à partager une fondue vigneronne. Il est minuit bientôt lorsqu’il est décidé d’emmener tout le monde chez nos voisins au Domaine Trois Terres sur les hauts de Morges. Ils ont paraît-il organisé un « Bar éphémère » pour fêter à leur façon le Ressat. Nous sommes quarante à débarquer et c’est peu dire que cela a boosté l’ambiance. N’étant pas grand danseur, je me dirige naturellement vers le bar pour commander une bouteille de blanc. S’y trouve Gilles Dumuid de St-Saphorin, qui bien que de la génération de mes enfants, fait partie de mon réseau, notamment via les Jeunesses campagnardes. L’accompagne son amie Carine avec qui je fais connaissance. Un petit bout de femme pas bien haut mais qui dégage un tempérament et un charisme qui semblent inversement proportionnels à sa taille. Elle m’apprend bien vite qu’elle travaille chez un dépositaire très connu et que son travail consiste à vendre des boissons y compris du vin. Du coup on a parlé plus d’une heure, le verre de blanc à la main, de tout et de rien, mais surtout de vin.



Deux mois plus tard, je mange à l’Auberge du Chêne à Pampigny. Je suis invité par une équipe de St Livres, venue prendre l’apéro dans ma cave de Cottens. Au milieu du repas arrivent Gilles et Carine, ils prennent place deux tables plus loin pour un repas en amoureux. C’est la fin du repas et tout à coup une étincelle me traverse l’esprit. Carine…Carine… mais c’est elle qu’il nous faut ! C’est elle qui manque à notre projet, c’est elle qui détient les clefs commerciales, c’est elle qui connaît le milieu des apéritifs donc celui de notre Quinquina. Subitement, mû par l’instinct, malhonnêtement, je quitte ma table et mes amis et je m’assieds non moins poliment à la table de Carine et Gilles. Sans rancœur, ce dernier commande trois décis de blanc pour faire une « rincette » (tradition vaudoise qui consiste à boire une bouteille de blanc après un repas pour aider à la digestion et remettre la bouche à niveau). Après avoir demandé les excuses d’usage, je parle en long et en large de notre projet de STIMULANT à Carine. Je décris du mieux possible la situation, les ambitions et finalement je lui demande sans autre forme de procédure : « Carine, ne voudrais-tu pas entrer dans ce projet ? » Et là, elle me répond cash : « oui ! » « Euh… mais tu dis oui… comme ça ? Ou tu dis oui pour de bon ? » « Oui, c’est bon, tu peux compter avec moi, je viens, je vous rejoins ! » Je n’en crois pas mes oreilles. Carine vient de décider en dix minutes d’abandonner son travail pour rejoindre notre aventure. C’est incroyable ! J’ai ressenti cette annonce comme une libération, tant ses compétences me semble indispensables à notre projet. Du coup j’ai commandé trois nouveaux décis de blanc et je suis rentré enthousiaste à l’idée de pouvoir compter avec Carine.